
Il y a encore quelques années, il était impensable de commencer un texte de plus de dix lignes sans une lettrine, censée guider le regard vers le début du texte principal. Aujourd’hui, il semble qu’elle est de plus en plus souvent supprimée. Même si je n’en ai jamais été un fervent partisan car je trouve qu’elle a tendance à alourdir les compositions, je suis surpris de constater qu’elle est tombée en désuétude. Surtout parce que dans les années 90 il était fréquent de voir des lettrines surdimensionnées (comme chez Fabien Baron dont c’est une des « marques de fabrique » par exemple).
Pourquoi une telle disgrâce ? Au-delà de l’effet de mode, je crois qu’à force de s’éloigner de sa vocation première, essentiellement décorative (cf. les manuscrits enluminés du Moyen-Âge) elle s’est vidée de sa substance et a perdu toute utilité. Dans ces manuscrits, d’ailleurs, cette lettrine était bien plus qu’une simple lettre. Les ornements qui l’entouraient représentaient en général soit le récit qui allait suivre, soit le portrait de l’auteur (pour les textes religieux en particulier).
Tiens, tiens… mais n’est-ce pas justement la fonction que remplissent désormais nos avatars sur Twitter ou Facebook ? N'est-ce pas également le rôle de la photo en vignette qui orne le début des éditoriaux de nos magazines ?
Il est très possible que ces deux événements (la disparition de la lettrine et l'avènement de l'avatar) soient sans rapport mais je trouve la coïncidence troublante. À vous de juger...
Liens :
Jessica Hische
Jean-François Porchez
Fabien Baron
Beautiful typography in the first set of b/w designs. Have you seen Antisweden? Antisweden.no
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